Si l’on disserte avec beaucoup d’à-propos sur les erreurs d’arbitrage récentes, on se pose beaucoup moins la question de savoir pourquoi l’on en est encore là ?
Tout simplement parce que tout le monde s’accorde assez bien de ces erreurs. Les crimes profitent toujours à quelques-uns.
Commençons par le début. Il n’a échappé à personne que d’énormes enjeux économiques sont en jeu dans le football moderne. C’est le cas pour les médias en particulier qui connaissent le prix de leur lourds investissements mais également la joie des retombées financières. Il faut vendre de l’audience, des SMS surtaxés et du papier.
Quoi de mieux alors que quelques belles erreurs d’arbitrage pour titré à la une, pour provoquer des débats répétitifs aussi lénifiant que stériles et tenter d’attirer l’auditeur (N° et SMS surtaxés), le téléspectateur et le lecteur. On constate plus largement que l’absence de plus en plus marquante d’analystes pertinents du football conduit les uns et la autres à tirer sur la corde du spectaculaire quand on ne pousse pas le ridicule à aller fouiller dans les poubelles des instance ou des clubs.
Combien rapporte les erreurs d’arbitrage aux émissions de télé, de radio et à la presse écrite ? C’est sans doute la seule question que l’on n’a pas envie de se poser. Et ce ne sont pas les médias eux-mêmes qui la poseront.
De ce côté-là personne n’a intérêt au changement et la relation consanguine qui lie les décideurs aux médias explique beaucoup de choses.
Qui plus est, cela permet aux journalistes qui disposent de tous les moyens vidéos de s’ériger en juge et de se donner l’illusion d’appartenir à la race privilégiée de ceux qui ne se trompent jamais et qui, donc, ont toujours des analyses pertinentes.
Du côté des joueurs, le constat n’est pas forcément plus réjouissant. Après avoir raté 3 actions immanquables, l’attaquant vous expliquera que c’est forcément sur celle où il a été injustement signalé hors-jeu qu’il aurait marqué. L’erreur d’arbitrage est un moyen tout trouver pour se dédouaner de toute responsabilité. L’arbitrage sans vidéo est aussi le terrain de jeu adoré des tricheurs et des simulateurs de tous poils. Tout bénéfice donc pour expliquer que l’on a fait un mauvais match.
Tout bénéfice encore pour l’entraîneur qui pourra se réfugier derrière l’erreur d’arbitrage pour expliquer la piètre prestation de son équipe.
N’y aurait-il aucune victime ?
L’arbitre bien évidemment. Celui que les plus stupides nomment le patron du terrain ! Connaissez-vous une entreprise où le patron est le moins payé ?
Le public ? Ce n’est pas si simple, car il aime aussi quelquefois se réfugier derrière les erreurs d’arbitrage pour soutenir contre toute logique les errements de son équipe. Disons alors… une certaine partie du public.
Le football ? Certainement.
Alors pourquoi pas la vidéo ? Bien sûr, la vidéo !
Les opposants ont des arguments qui nous prennent vraiment pour des débiles mentaux :
- La discordance entre le football amateur et le football professionnel ? Ah bon ! Nous n’avions pas remarqué que les matchs de football amateur disposaient de 4 arbitres officiels ? Mais il est vrai que nous sommes en province et que nous venons juste d’avoir l’électricité.
- Le rythme du match ? Si l’on se contentait de la vidéo pour valider les buts et les penaltys. Il n’y en a pas tant que cela, deux ou trois par match ? La validation des buts éviterait du reste que des joueurs se mettent à sauter comme des cabris, créant ainsi la déconcentration qui explique la plupart des buts encaissés dans les minutes qui suivent.
Soyons simple : il n’existe aujourd’hui aucun argument rationnel contre la vidéo.
Mais certains pensent que le folklore doit continuer. Il crée l’injustice, une injustice patente et vérifiable. L’injustice est le ferment de la démagogie et des réactions populistes les plus sombres. Mais certains adorent cela. Ce sont les mêmes qui pleurent contre la violence dans les stades dont il ne cessent de faire le lit. |