France -Espagne : Que dire ?
Côté Espagne :
Qu'il aura suffit de 5 minutes pour comprendre que l'une des équipes prendrait du plaisir à jouer pendant que l'autre souffrirait.
Que les dix premières minutes de l'Espagne ont permis de mettre en place toute la concentration nécessaire et de rôder la mécanique sans être le moins du monde perturbé.
Que plus une équipe comporte de talents, plus elle joue collectivement et simplement.
Que les espagnols utilisent le « dribble génial » : rare, utile, déconcertant.
Que Navas utilise le « dribble systématique » et qu'il n'a sans doute pas encore sa place dans ce dispositif.
Que Villa est plus adapté que Torres au style de jeu que l'on a vu hier soir.
Que Güiza était de mauvaise humeur et qu'il n'a pas encore intégré le plaisir des autres.
Que Casillas, même dans un mauvais jour, a des poteaux autour de ses buts.
Que tous les autres sont, bon an, mal an, au diapason d'un football qui nous aura fait plaisir.
Qu'un entraîneur qui a bien préparé sa rencontre comme Del Bosque n'a pas besoin de s'exciter comme une puce sur le bord du terrain.
Côté France :
Qu'une équipe ne se télécommande pas du banc de touche et qu'il faut travailler correctement avant.
Que l'attentisme est une forme déguisée du défaitisme, du fatalisme et de la dépression collective. Le fin calcul et la fine stratégie étaient encore de sortie hier soir : et si on lâchait les chevaux une fois, pour voir ce qu'ils valent ?
Qu'il aura suffit de 5 minutes pour comprendre que les Bleus étaient de corvée.
Que Lloris avait sa tête des mauvais jours.
Que Sagna continue à faire ce qu'il peut sans avoir l'air de savoir vraiment ce qu'il doit faire.
Que Ciani sait faire des passes au cordeau et qu'au moins, il est déterminé de la tête et dans la tête.
Qu'Escudé a toutes les attitudes de quelqu'un à qui l'on ne fait pas totalement confiance.
Qu'Evra fait toujours autant de fautes et qu'il ne supporte toujours pas qu'on soit meilleur que lui.
Que Diarra se bat, mais peut-être lui aussi sans savoir vraiment pour faire quoi.
Que Toulalan doit avoir un ulcère d'estomac ou qu'il n'éprouve plus aucun plaisir à jouer un équipe de France.
Que Ribéry n'a pas fait une seule passe décisive hier soir : mais çà, on le savait.
Que Gourcuff joue mieux quand Ribéry est sur la touche : mais çà, on le savait.
Qu'Henry doit être crédible sur le terrain avant de parler.
Qu'Anelka erre parce le jeu n'est pas construit pour lui.
Que Malouda fait de bonnes têtes.
Que Govou amène toujours un petit quelque chose sur le plan mental quand il rentre : ce n'est pas nouveau.
Que Cissé est l'auteur de la seule passe un peu décisive : çà ne nous rajeunit pas.
L'Espagne favorite ?
Ce n'est pas encore si sûr. Les « Rouges » ont joué hier soir une équipe assez faible et les faits de jeu ont rapidement été en leur faveur. C'est du bon football, du football agréable comme nous l'aimons : mais cela suffit-il ? Quel est la résistance mentale de ce collectif lorsque les scénarii sont moins favorables ? Mais rappelons-nous, nous avions émis les mêmes réserves sur Barcelone lors de la Ligue des Champions l'an passé et nous nous étions trompés.
Et la France ?
C'est aujourd'hui une équipe moyenne avec des joueurs moyens. N'oublions pas que certains de nos « meilleurs éléments » sont aujourd'hui remplaçants en Espagne, ayant perdu leur compétition personnelle contre... des espagnols.
La confiance ? Il faudrait que quelqu'un commence par la donner. Rappelons que la confiance individuelle n'a rien à voir avec la prétention.
Forcément les recettes sont simples : du travail et de l'intelligence. Où en trouver ?
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